M. le Président,
Tout d’abord merci de votre réponse.
Concernant la réalité des dérives constatées, le « dévoiement total » du système que vous décrivez ne correspond pas à la présentation que la Sacem en fait dans sa lettre No 69 qui annonce les nouvelles mesures. Je la cite :
- « Ce système a connu CERTAINES dérives »
- « Le conseil d’administration a du annuler des milliers d’attestation » (Sur combien d’attestations délivrées ? Quel est le pourcentage de ces fausses déclarations ?)
- « A plusieurs reprises le CA a prononce des blâmes » (Peut-on savoir à combien de reprises) ?
- « en 2007, le cas d’UN sociétaire récidiviste a amené la Sacem a prononcer son exclusion ».
Vous comprendrez qu’en l’absence de chiffres précis de la part de la Sacem nous nous interrogeons sur leur réalité…
Vous parlez d’un nombre important de bulletins de « complaisance » de la part des RLP, mais quid des autres ? Les artistes honnêtes doivent-ils payer pour quelques dérives ? La sécurité sociale change-t-elle de mode de remboursement parce que certains la fraudent ?
Il nous semble que c’est à la Sacem de renforcer les contrôles (qui existent déjà d’après votre bulletin) ou de mettre en place un système de déclaration moins susceptible de « dérives » plutôt que de spolier des milliers d’artistes.
Car quoique vous en disiez, tel sera l’effet prévisible de ces nouvelles mesures puisqu’il n’y aura plus adéquation entre passages radios réels et rémunération.
Les explications de la Sacem que vous nous reprochez de ne pas publier le sont ici-même depuis plusieurs jours, par nos soins
… mais étrangement absentes du site même de la Sacem !
Nous sommes au contraire tout à fait désireux d’entendre les explications de la Sacem sur les nouvelles modalités :
- « D’une part sur la base des programmes fournis par les RLP. Pour l’ensemble de leurs diffusions sur les radios appartenant aux groupements Ferarock, Quota, et les radios telles Arc-en-ciel, Cristal et Radio-Neo »
Pouvez-vous nous expliquer à quel titre seules quelques RLP verront prises en compte leurs déclarations de diffusion et comment seront déclarées ces diffusions ?
- « D’autre part par analogie, c’est-à-dire en reprenant les données figurant sur les répertoires remis par les ACI (pour autant qu’ils aient produit moins de 100 euros de droits dans le semestre) et sur les demandes d’autorisation SDRM relatives aux cds autoproduits (à moins de 2000 exemplaires au cours du semestre).
Acceptez que la logique de ces nouvelles modalités nous échappe ... Par ailleurs, il serait intéressant de connaître la justification des limites que vous fixez.
Et puis, last but not least, la conclusion du communiqué évoque l’incapacité dorénavant de la Sacem de « disposer d’information sur le nombre de diffusions » ce qui signifie la fin de la répartition nominale. Souffrez que nous y voyions une mesure injuste induisant une répartition en complète inadéquation avec la réalité des diffusions.
Contrairement à ce que vous suggérez, nous ne faisons à la Sacem aucun procès d’intention ni ne l’accusons de favoritisme à l’intention des « gros » (
les commentaires personnels n’engageant que leurs auteurs). Nous considérons simplement ce nouveau mode de répartition comme injuste et imparfait. Vous en acceptez d’ailleurs l’augure puisque vous n’excluez pas une remise en cause « si le système s’avérait non satisfaisant ». De surcroît la rétroactivité de cette mesure - des sociétaires se sont déjà vu retourner des dizaines d’attestations du premier semestre 2008 – est en contradiction avec nos droits les plus élémentaires.
Encore une fois, nous vous remercions d’être intervenu personnellement sur ce site, mais nous ne pouvons nous contenter d’explications partielles, de justifications absconses et de déclarations de bonnes intentions.
Sans remettre en question votre bonne foi ni celle du CA de la Sacem, nous vous demandons donc en conséquence le réexamen immédiat de cette mesure.
Dans l’attente de vous lire…
Cordialement.
Collectif « Lettre à la Sacem »