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'Shine a light', Scorsese fige les Rolling StonesIl est assez intéressant de voir à la suite l'un de l'autre « The last Waltz » et « Shine a light » et de mettre ces deux films de Scorsese en perspective. Tous deux sont des concerts filmés dans des salles à dimension humaine, tous deux portent la griffe Scorsese et se répondent à trente années de distance, « Shine a light » devenant encore plus acerbe quant aux ravages du temps. De quoi est-il question, hein ?The Last Waltz
« The last waltz » tourné en 1976 est la captation du dernier concert du Band, captation entrecoupée d'interviews d'un groupe qui a décidé de se saborder, car trop vieux et trop usé. On se pince d'avance à l'idée de visionner « shine a light » : Robbie Robertson a 33 ans et Rick Danko (décédé en 99) a 32 ans à l'époque. Tourné avec quelques caméras (comparé à l'armada déployée sur le film des Stones) et parce qu'il ne virevolte pas de tous côtés, « The last waltz » nous mène au plus proche du groupe (majoritairement) canadien et réussit à rendre le concert intime. Le Band qui a immortalisé les Basement Tapes de Dylan est à son sommet musical, ce qui n'est certainement pas le cas des Stones en 2006. Pléthore d'invités viennent pousser la chansonnette et c'est tant mieux car à chaque fois le concert décolle, montrant cruellement le Band comme un excellent backing band, ne prenant de l'altitude, seulement lorsqu'il accompagne Neil Young dans une version d'anthologie de « Helpless », Dr John, Muddy Waters, Clapton, Joni Mitchell, Ronnie Hawkins, les Staple Singers. Même Neil Diamond y est excellent mais Dylan y paraît fantomatique, Van Morrison gueulard. La joie qu'ont les musiciens de jouer est évidente, leur talent et leur fraîcheur en font un excellent film de concert, un peu trop centré sur Robertson au goût des autres membres du Band, un film d'une humanité et d'une finesse touchantes.
Neil Young dans the Last WaltzShine a Light
Grosse cavalerie pour « Shine a light », multitude de caméras, jeux de lumières dignes d'une guerre des étoiles. Scorsese vient payer son écot aux vieux dinosaures du rock dont il a maintes fois utilisé les chansons dans ses BO. Toujours pas remis de la fraîcheur du Band dans « the last waltz », on prend en pleine face la grosse machinerie des Stones avec un groupe qui semble criard, avec un Jagger qui fait sa vieille folle, avec une musique qui déçoit plus qu'elle ne convainc, montrant des Stones ravagés usant et abusant du pilote automatique. Faut dire que le choix des morceaux paraît plus que discutable quand on connaît les pépites qu'ils ont su créer au cours de leurs quarante cinq années de carrière. Et puis la mayonnaise prend petit à petit, à l'arrivée de Jack White qui pousse Jagger à se poser et à arrêter de chanter à côté s'il veut rivaliser de feeling. Buddy Guy vient leur prêter main forte sur un excellent Champagne and Reefer de Muddy Waters. Ici, comme dans the Last Waltz, les invités font décoller le concert. « As tears go by » est un grand moment d'émotion qui permet aux stones de se poser et l'on se rend compte que c'est ce dont souffre le début du concert, ces approximations dues aux gesticulations de Jagger et au je-m'en-foutisme de Richards qui riffe parfois dans le vent, loin d'être convaincant sur les chorus d'un Sympathy For the Devil commencé bizarrement par les petits cris d'orfraie de Jagger. Richards est émouvant au micro devant You've Got the Silver. Et la sauce prend petit à petit, car le tour de force de Scorsese est de nous rendre les Stones de 2006 sympathiques et de chasser le pathétique qui se profilait au galop. Les images sont magnifiques, non complaisantes, agrémentées d'archives qui ne font que nous rappeler que le temps a suivi son cours, like a rolling stone.
Les Stones dans Shine a lightLundi 21 Avril 2008
musiciens .biz
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Michel Gullo, un disque de chansons electro en téléchargement gratuitMichel Gullo a l'image d'un chanteur de variété dans le sens où Francis Cabrel l'a aussi. Le genre variété qui lorgne vers la country américaine ou le folk. La guitare en bois lui va à merveille. Elle lui permet de ciseler un arrangement sobre et efficace sur des paroles elles-mêmes simples et poétiques. Le côté romantique de ses textes est en adéquation avec cette sobre musique chaleureuse. Ce talent là est mis en exergue dans ses vidéos maison qui vont au plus près de l'humain, dans son intimité et sa vérité sans artifice. Curieusement, Michel Gullo a choisi de mettre de l'electro dans son folk sur un album qui s'intitule « Que restera-t-il » ?
Je dis « curieusement » car Michel place ses chansons sur un territoire qui ne lui est pas familier et dont il ne connaît ni les codes ni les us et coutumes. Mais n'est-ce pas le propre de l'artiste de se mettre ainsi en danger, quitte à être mal perçu, voire incompris ?
Le fan d'electro ne comprendra pas aisément ce que font ces chansons aux constructions assez traditionnelles au milieu de ces synthés et loops qu'il a l'habitude d'entendre dans tout sauf des chansons. L'amateur de chansons sera également déconcerté, car la chanson française, il l'a voit autrement. Ce disque hybride de chanson electro est un pari gagné pour Michel Gullo. Un chanteur a-t-il à répondre à un cahier des charges ? Certainement pas. Il doit éviter de ronronner. Au moment où ce disque a été réalisé, éviter de ronronner pour Michel Gullo, ça devait ressembler à jeter sa guitare folk aux orties, pour peut-être mieux la retrouver ensuite, nous n'en savons rien car ce n'est pas à nous de le dire. Ce « que restera-t-il » nous livre quand même (et je dis « quand même », conscient de mettre un coup de pied aux fesses des intégristes à la guitare folk en bandoulière qui se bouchent les oreilles à la vue d'une boite à rythmes ou du moindre synthé) quelques unes des plus belles chansons que nous connaissons à ce jour de Michel Gullo : « Elle rit », « que restera-t-il ? » pour ne parler que de ces deux pépites. Vous avez de la chance, Michel Gullo en adepte du libre a mis son disque en téléchargement gratuit sur son site . Ne boudez pas votre plaisir, mettez de l'electro dans les chansons de votre lecteur mp3 ! Michel Gullo Michel Gullo chez Myspace
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