Joli nom pour une formation où tous jouent, vibrent, ou frappent les cordes… Sans, pour autant, nous y envoyer ! Ou alors, plus subtilement que cela ; sans nous laisser complètement KO, nous laissant vogué dans l’onirique et l’orgasmique, cueilli debout au pays du Corpuscule de Krauze… Ont-ils inventé le Corps Mélodiste tout en jouant sur la corde raide des rythmes ?
Toujours est-il que j’ai eu l’occasion de les voir en répétition, ensuite en public sur la scène du Chok Théâtre ; ainsi que tout récemment au Kin-K-Fé, et je me suis laissé happer, emmener… Ebouriffé de plaisirs, partageant leur tourbillonnant maelström hyper swing, l’âme décollée du corps, comme une corde à vide, par les substances et les essences multiples et colorées des émotions mélodiques offertes par la voix et poussée par le rythme…
Comme disent les Compagnons et autres Confréries, en corporifiant quelque peu : L’esprit est à la main ce que la main est à l’esprit… Dans tous les Métiers d’Art, dans l’art et dans la musique, nous avons parfois la chance de rencontrer cette transmission fulgurante, ce pont entre ce que l’on a appris ou ce que l’on invente ; et ce que l’on en fait : avec le corps, la tête, le coeur, les pieds ou les mains ! Mais chez Corps à cordes, leur toute juvénile fraîcheur et leurs talents indéniables leur permettent une liaison quasi cosmique avec le public, transmettant instantanément leurs émotions et leurs sensibilités fougueuses et libres !... Public, qui, du coup, lui aussi joue de son corps, entrant en transe résonance et donnant ainsi, aux émotions transmises, une puissance exacerbée dans une ronde de partage tout en flux et reflux sensitifs et sensibles.
Corps à cordes c’est une voie féminine baignée depuis l’enfance par la musicale ponctuation du phrasé, la prescience mélodique et la rigueur du rythme. Épaulée confortablement en cela par une solide équipe de mâles musiciens aguerris eux aussi depuis tout jeune à la musique classique, jazz ou flamenco… Ils en ont tiré un souffle, une honnêteté émotionnelle qui nous chavirent et nous enivrent. Laissant, après leurs prestations scéniques, comme un abyssal vide !...