Joy Division sous le « control » d'Anton Corbijn





Control est un film retraçant la vie du groupe cold wave Joy Divison à l'aube des eighties en prenant comme personnage principal son chanteur Ian Curtis devenu icône du rock, peut-être par sa fin tragique par pendaison.
Corbijn a la caution d'avoir connu le groupe, de l'avoir cotoyé. Le film est tiré du roman autobiographique de la veuve de Curtis, créditée comme coproductrice. Elle s'y donne un rôle de femme résignée et soumise qu'elle avait peut-être réellement, bobonne à la maison s'occupant de leur enfant et de leur foyer dans l'attente du retour de Curtis.


Control
Control
C'est un film assez fascinant en fait, esthétiquement très beau (Corbijn est quand même un photographe de renom), tourné en noir et blanc, ce qui rajoute un côté documentaire.
Pour les gens ayant connu cette époque de la fin du punk original (en 1980, à la dissolution de Joy Division, l'affaire était quand même bien rapée dirons-nous et les PistOls débandés depuis deux ans), il fonctionne comme une madeleine Proustienne. On remet les pieds back in 1977 (Varsaw devient Joy Division), en 1979 (sortie d'Unknown Pleasure), en 1980 (sortie de Closer et suicide de Curtis). C'est fascinant de réécouter cette musique rapeuse et habitée.
Les futurs membres de New Order se voient décrits comme des personnages falots.
Seul celui de Curtis fascine par son aura. Il est comme habité et ses problèmes d'épilepsie rajoutent au mystère de cet homme étrange qui communique difficilement.
Le drame se noue avec la rencontre d'une maîtresse et la naissance d'un problème cornélien. Choisir de rester dans son couple ou vivre une relation avec cette journaliste de fanzine qu'il a rencontrée et qui se nomme Annik Honoré.

Il semblerait également que Curtis ait été débordé par le succès du groupe et effrayé par une tournée prévue aux Etats-Unis. Sam Riley est excellent dans le rôle principal, tantôt charismatique, tantôt à l'ouest, nerveux, naïf, dépressif.

On se délecte des beaux textes sombres de Curtis, on remarque que les éléments musicaux qui feront le son et le succès de New Order sont déjà là. On ne sortira peut-être pas bouleversé par un film qui évite le larmoyant mais avec la certitude qu'une pierre emblématique du rock a été posée là à Manchester dans la passion.



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