Le 'Meilleur ordinaire' de Nesles





Une voix mâle, un déhanchement hip hop, « un meilleur ordinaire », de façon presque lyrique (cf les claviers, cuivres), ouvre un album dont les chansons racontent de petites histoires qui parlent d’un quotidien, déjanté sur « Versailles » et ses regrets peuplés de paradis artificiels, avec un chant qui se tend et s’étire sur « comme un lichen ».


Le 'Meilleur ordinaire' de Nesles
Les arrangements sont simples car pourquoi faire compliqué quand on sait faire simple et efficace. « Premier de cordée » continue dans ces mid tempos qui rampent en dodelinant de la tête et toujours cette voix mâle qui pose si fort son empreinte sur des chansons épurées et figuratives. Notre narrateur « si » peu « singulier » a un chant d’une théâtralité juste. Ni trop joué, ni sous joué. Et de mid tempos en mid tempos, s’installe une atmosphère particulière, intime et prenante qui force l’écoute à être attentive à chaque mot, à chaque note. « Bains couverts » a beau crier des « hé ho » pour nous distraire de notre tâche d’auditeurs attentifs, rien n’y fait. Le climat de ce disque vous subjugue. Comme cette voix qui mâche le mot « amateurs » sur la chanson du même nom qui retrouve le lyrisme des débuts grâce à de malins violons en nappes qui éclairent les chansons d’une autre lumière. « Embrasse » se fait plus inquiétant. On rapprocherait parfois, et sur ce titre d’ailleurs, ce chant de celui d’Hubert Félix Thiéfaine. Des loops sauvageons comme sur « berlines »,« aux orties la menace » ou « kermesse »viennent alléger le groove et poser dans leur siècle des chansons qui par leur théâtralité eussent pu passer pour des chansons de facture classique, en leur donnant un air de modernité bienvenu.
Et notre narrateur reprend ses petites histoires. Nous sommes suspendus à sa voix qui nous les raconte sur « Fourgons blindés », ou « Au Caire » avant de lâcher la bride de son bassiste qui délie ses doigts sur « Carl », sur un talk over qui nous tient en haleine, digne d’une série télévisée. « Berceuse », avant dernier titre, est plus lyrique et planant avec son chant et ses claviers. Reprise du thème d’ « un meilleur ordinaire » pour terminer un beau disque sobre mais théâtral, à écouter attentivement pour le plaisir intellectuel et sensuel qu’il procure.

nesles.com

www.myspace.com/nesles




Nouveau commentaire :
Twitter

Poster un commentaire.

Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 6 Juillet 2017 - 18:29 Stéphane Mondino - Les rêves de Babylone

Vendredi 19 Mai 2017 - 17:37 Geyster - With all due respect