Le retour gagnant des Remains





L’histoire du rock and roll est parfois amnésique. Elle en oublie souvent sur le bord de la route ses plus valeureux enfants. Faut dire, qu’industrie de consommation, la musique a toujours besoin de chair fraîche et de renouveler les idoles pour remplir le tiroir caisse. En 2002 est sorti un disque dans la quasi confidentialité. Qui se rappelait alors des glorieux Remains, groupe de Boston dont le seul effort en studio parut en 1966 ?


The Remains
The Remains
Les Remains emmenés par Barry Tashian avaient eu le privilège d’ouvrir pour les Beatles lors de leur dernière tournée américaine. Mais cela n’a pas suffit à asseoir une notoriété persistante. Oubliés les « Why do I cry » et autres « Don’t look back » qui resteront ces pépites sixties que l’on piochera un peu au hasard de ses fouilles discographiques. Un vinyle rouge circulait à la fin des seventies en France, et puis Fan Club, filière de New Rose rééditait tout cela en cd un peu plus tard. On trouve une compilation sous le nom de Barry and the Remains sur le site des Remains. Jetez-y une oreille, et puis deux puisque vous y êtes. Puis Barry a accompagné de longues années Emylou Harris devenant enfin un musicien reconnu et de référence. Et puis re formation des Remains en 2002 pour un nouveau disque que personne n’attend.

Qu’attendre d’un disque paru 35 ans après, surtout si on se remémore le calamiteux retour des Sonics déguisés en groupe de hard rock à l’orée des eighties.

D’entrée, nous revoilà tous tremblants back in 66 à l’écoute de « Don’t tell me the truth » que nous diffuserons dans l’émission de jeudi 15 septembre . Même classe, la voix n’a pas vieilli. Superbe. Plusieurs titres fonctionnent selon la mécanique de cette bonne vieille madeleine Proustienne. « This power of love », « Times are movin’ on », certains autres ont décidé de payer leur écot au rock’n roll comme “A man’s best friend. » Faut dire que les Remains d’antan s’inscrivaient dans cette lignée de groupes comme les Rolling Stones se faisant les crocs en écoutant ou jouant Chuck Berry, Bo Diddley ou le blues des pionniers du blues enregistré des années 40 à 60. Ce disque est plus country rock que celui des Remains des débuts. « Hard to find » voit Barry jouer les early Jagger sur un titre aux épaules calibrées comme un autre « Out of time » au jugé des vocaux. « Listen to me » magnifique ballade nous remet dans le bain initial. Etonnant comment certains titres paraissent tirés de leur répertoire de 66 !

A qui s’adresse ce disque hors du temps ? Je dirais, pèle mêle, aux fans des Flamin’ Groovies, de Ben Vaughn, de Dave Edmunds, de Peter case et à tous ceux qui n’ont pas oublié quel groupe formidable étaient (sont encore) les Remains. It’s only rock’n roll and I like it.
theremains.com



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