Les autoprods pour l'Asie





Des musiciens ont autoproduit une chanson dans l'espoir de vendre le mp3 de cette chanson au profit d'une organisation caritative qui récolterait des fonds pour venir en aide aux sinistrés du Tsunami de décembre 2004. Entretien avec Eric Parmantier du groupe Malin Plaisir :


Les autoprods pour l'Asie
"Les autoprods pour l'asie, de quoi s'agit-il ?

Le projet est né quelques jours après la catastrophe. Sur un site que je ne nommerai pas (qui commence par Musiciens et se termine par Biz, tu connais?). Un des artistes présents sur ce portail a lancé l’idée de “faire quelque chose” en commun pour cette cause. Après l’idée d’une compil, difficile à mettre en oeuvre, celle d’une chanson commune a été lancée et approuvée par la majorité. La mise en téléchargement payant de celle-ci devrait permettre de récolter des fonds reversés ensuite à une association d’aide aux victimes.

Quelle est la motivation des protagonistes de ce projet ?

Tout d’abord, comme je l’ai dit plus haut, il s’agit de récolter des fonds pour les victimes. Il y a eu un immense élan de générosité en janvier, suite à la médiatisation de la catastrophe. Le problème est que lorsque les images de ces pauvres gens ont disparu des écrans télé, la mobilisation est retombée. Or, tout reste à reconstruire là-bas. Dans certaines îles, aucune aide n’a encore été distribuée, et les gens se débrouillent comme ils peuvent, aidés par quelques associations. En fait, c’est maintenant qu’ils ont besoin de nous.
Et puis, secondairement, il n’était pas inutile de prouver que les indépendants étaient capables de se mobiliser, à l’instar d’autres artistes plus “établis”, avec des moyens certes plus modestes, mais une volonté au moins aussi forte.

Un moment, il a été question de ne pas dévoiler les identités des participants, pourquoi donc ?

Il y a eu, effectivement, débat autour de la question de l’anonymat des participants. Certains d’entre nous ont craint que nos motivations soient sujettes à caution, que certains entrevoient dans notre démarche l’utilisation d’un drame à des fins “promotionnelles”. D’où l’idée de ne pas dévoiler nos identités. Et puis, nous avons finalement choisi de ne pas tenir compte de cette possible interprétation. Après tout, aucun d’entre nous n’a une notoriété qui puisse laisser croire à un tel calcul. Et puis un grand philosophe suisse (dont je ne connais que les initiales: jfR) a dit “un message se doit d’être porté par des hommes, pas par une nébuleuse”. Cela nous a fait réfléchir également. Donc, comme nous le disons sur le site consacré à cette opération (concocté par Michel Tanner, ) , “Nous ne pourrons jamais empêcher que certains se méprennent sur notre sincérité, et n'avons d'autre argument à avancer que notre bonne foi… »


Est-ce que ça été une affaire facile à mener, (musicalement, je veux dire)?

Pas vraiment, les acteurs étant disséminés au quatre coins de France, voire de Suisse ;-). Le choix du titre a été relativement rapide, mais le texte a été plus long à mettre en oeuvre et surtout recueillir l’assentiment de tous… Un projet commun génère inévitablement des discussions, dissenssions, incompréhensions, etc… Tout cela ralentit le processus, mais c’est un passage obligé. Ensuite, chacun a fait parvenir sa voix via le ftp que DBC avait mis à notre disposition. Suite au désistement de certains, nous avons pris un peu de retard et avons dû trouver d’autres participants, qui ont immédiatement accepté, et que je tiens bien sûr à remercier ici.
Une fois tous les fichiers voix reçus, il a fallu les rendre compatibles (merci à Pascal Gaillard) et mixer tout ça, ce que j’ai fait dans notre studio.
Finalement, les discussions et la recherche de participants ont pris beaucoup plus de temps que la réalisation musicale elle-même. Mais je suppose que c’était inévitable.

Quel a été l'accueil des ONG auxquelles ce projet a été soumis ?

Ah… Les ONG. Quel euphémisme trouver pour qualifier leur attitude sans heurter personne? Euh, je dirais… Surprenante? Oui, nous ne nous attendions pas à ces réactions. Certaines nous ont fait savoir qu’elles ne récoltaient plus de fonds pour l’Asie du Sud-Est, ce qui laisse pantois lorsqu’on voit dans quel dénuement se trouvent encore ces populations. D’autres ont refusé parce que nous n’étions pas produits par une “major” (sic!) Grosse déception donc pour l’accueil que ces “charity business companies” nous ont réservé. Il me faut toutefois préciser que tous les participants n’ont pas le même regard sur l’attitude des ONG. Certains la comprennent. Personnellement, j’avoue que j’ai beaucoup de mal…


Y a-t-il des partenaires, qui sont-ils et que font-ils ?

Oui, heureusement. Les partenaires “de la première heure” tout d’abord, c’est à dire (désolé Ben, mais je dois le citer) Musiciens.Biz, à l’origine du projet, l’annuaire Météou et DBC qui nous a aidés, nous soutient et diffuse la chanson. Néophoniques également, site de “haping” qui nous propose de mettre en vente le mp3. Et puis d’autres (comme Lyberty) qui soutiendront le projet dès qu’il sera véritablement lancé, c’est-à-dire lorsque l’association qui recevra les fonds sera déterminée.

Où en est ce projet à cette heure ?

Lassés des altermoiements des ONG, nous avons contacté très récemment une association française “Phi Phi releve-toi". qui s’occupe de la reconstruction d’une petite île au sud de Phuket qui a été dévastée, Koh Phi-Phi. Les membres de cette association, dont certains vivent sur l’île, se relaient sur place pour s'occuper des gens, de leur relogement, de la nourriture, des enfants, des bateaux à reconstruire. Bref, une action concrète et immédiate. Le contact que j’ai eu au téléphone m’a assuré que 99% des dons étaient réinvestis sur place. Elle-même repart là-bas dans 2 semaines. Nous sommes donc actuellement dans l’attente de leur décision, qu’il n’est pas facile de prendre rapidement puisque certains membres de l’association sont sur l’île et d’autres en France. Si cela se fait, comme je l’espère, nous aurons enfin atteint notre but, non sans mal…

Quel est le sentiment de ses protagonistes ?

Mmm… Je ne peux parler qu’en mon nom. Je dirais tout d’abord que cette expérience est enrichissante dans la mesure où elle donne une idée de la difficulté d’une entreprise commune, de ce qu’il faut faire et ne pas faire pour éviter l’enlisement d’un projet ou le découragement. Ensuite, bien sûr, un sentiment d’incompréhension par rapport aux réactions de certaines ONG, assez édifiantes… Et puis, cette idée qu’existe une vraie communauté des autoproduits qui, malgré un emploi du temps souvent chargé (création, enregistrement, promotion, recherche de concerts ou de distribution, etc…) réussit à trouver le temps pour s’investir dans un tel projet. Puisque tu me parles des protagonistes, il me semble difficile de ne pas les citer… Ont donc participé à cette action:

Alain Pasquel
Benjamin Popp
Corriya Couroyer
Dutrey
Eric Maïolino
Mademoiselle Olivier
Malin Plaisir
Michel Tanner
Nadia Karmer
Pascal Gaillard
Silereves


Ecouter la "tsunami song"




1.Posté par Mademoiselle Olivier le 17/04/2005 07:03
Bravo Eric pour cette réalisation...

Quand le temps avance vers l'égalité
Quand on pense aux autres on apprend mieux l'humilité
Quand les gens s'assemblent pour l'humanité
C'est gagné d'avance et c'est déjà la liberté...

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