Malin Plaisir, 'du JFR avant l'heure !'interview premier CD.Aujourd'hui, j'ai décidé de faire une interview psychanalytique de Malin Plaisir. C'est vrai quoi, si on veut que la musique indépendante soit prise au sérieux (le sérieux qu'elle mérite), il faut élever le débat.
Sur votre premier cd, la moitié des textes de chansons est signée Christophe Marie. Est-il un collaborateur habituel ou occasionnel ?
Occasionnel. Christophe écrit pour pas mal de gens (il a composé entre autres pour Reggiani, Herbert Léonard, Lio, Julie Zenatti, Alice Dona, etc… et dernièrement un duo pour Lisa Minelli et « ah que Johnny »), donne des cours d’écriture, fait ses propres chansons, bref, est pas mal occupé. Mais il répond toujours présent lorsqu’on le sollicite, car c’est un mec adorable. Ce qui est impressionnant lorsqu’on chante un de ses textes, c’est que « ça tombe » imparablement. La métrique est parfaite. Et oui, ça ne s’improvise pas, il y a des années d’études de l’écriture derrière et ça s’entend… Tu me confiais dans un entretien précédent que l'interprète de chaque chanson était déterminé après des essais de voix. Je me demandais si inconsciemment tu n'écrivais pas pour l'un ou pour l'autre car, je m'explique, je ne te vois pas chanter « Combien de jours » (texte de Christophe Marie) ni Domino chanter « Moral d'acier »... Lorsque j’écris une chanson, je me doute bien qu’elle va plus correspondre à l’un ou l’autre, mais rien n’est défini. Les essais de voix sont le plus souvent effectués avant l’écriture du texte, avec des mots qui me viennent « comme ça », d’un jet. Pour «Combien de jours », par exemple, le refrain donnait quelque chose comme « Ces petits bouts de bois qui filent entre les doigts… » (Est-ce-que je m’étais planté une écharde dans la main ce jour-là ? Mystère…) et lorsqu’on a déterminé que Domino chanterait celui-ci, c’est devenu « Combien de jours, de mois, où j’ai pensé à toi, etc… » ce qui semble moins, euh… abscons ? Finalement les chansons que Domino a à chanter sont plus quoi et les tiennes moins quoi ? (C'était la minute Docteur Freud meets indie artists...) Si je me réfère au remarquable ouvrage « Remarques psychanalytiques sur un cas de Demantia paranoïde, décrit sur une forme autobiographique » de Sigmund, je dirais, ben… qu’il n’y a aucune règle. Donc, pour répondre à ta question, il faudrait que je demande à mon « moi », mais mon « surmoi » risque de faire la gueule (il est très susceptible), à moins que mon « ça » ne le puisse ? Ecoute, je lui demande et te rappelle…
Passons les en revue, "Combien de jours", chantée par Domino, ça parle de (oups sorry), ça chante quoi ?
Je ne voudrais pas interpréter l’intention de Christophe qui a écrit ce texte, mais il me semble que celui-ci évoque un concept très peu exploité dans la chanson française, ce qui fait toute son originalité : l’amour. Et plus précisément la douleur de la séparation. Et "moral d'acier" ? C’est l’histoire d’un mec, 34 ans, chômeur, brun, 1m78 (c’est pas dit dans le texte, mais je précise…) fan de BD, qui passe ses journées à bouquiner des comics et petit à petit sombre dans un monde virtuel, s’imaginant en Spiderman, Buck Danny ou… Benjamin Popp. "Si" ? Là aussi, n’ayant pas écrit ce texte, il m’est difficile de répondre pour l’auteur. Mon interprétation est que le mec parle de sa R19. « Si un jour, tu devais partir » (à la casse donc…) « n’oublie jamais mon trésor » (ben oui, c’est pas donné, hein) etc… jusqu’à « je t’aime et je t’aime encore », celui qui n’a jamais eu de R19 ne peut s’imaginer la passion qu’on peut avoir pour ce genre de véhicule. Enfin, ce n’est que mon interprétation… "Trop pretty" ? Celui-ci est un peu autobiographique puisque j’ai entretenu dans ma jeunesse une relation avec une ressortissante de la « perfide Albion ». Perfide est bien le mot d’ailleurs… (mon conseil : draguez français !) Je me suis bien amusé avec ce texte, alternant des expressions anglaises et françaises. Un peu du « jfR » avant l’heure, quoi !!!
On va passer à notre petit quart d'heure de philo. Tu as une liasse de papier à tes cotés, 1/4 d'heure montre en main pour traiter le sujet suivant : "L'auteur fait-il une projection sur son interprète lorsqu'il lui écrit un texte ?"
Mmmm, question difficile… Prenons un exemple : Désolé de revenir encore une fois sur cette grande dame de la chanson, mais est-ce que l’auteur pensait à Annie Cordy lorsqu’il lui a écrit le magnifique « Tata Yoyo » ? J’en doute. D’un autre côté, je la vois mal reprendre « Flesh for fantasy » de Billy Idol (quoique, Annie en cuir, ça doit donner…) Tout dépend donc du style de texte que l’on va écrire. S’il s’agit d’un texte, disons « générique » , genre « il fait beau, tra la la » (tiens, il faut que je la note celle-ci), tout le monde - sauf Francis Lalanne - peut le chanter. En revanche, un texte plus « ciblé » ne va pas convenir à n’importe qui. Quand j’écris dans « Couleurs » « C’est vrai, je forçais sur le jaune, le teint pas toujours monochrome » il est certain que je n’imagine pas Domino le chanter. Je ne vais pas non plus lui pondre un texte trop dur ou réaliste, (ça ne collerait pas, je pense, au côté cristallin de sa voix), mais au contraire essayer de trouver des images plutôt douces qui collent bien à sa personnalité. Et puis, je veux ajouter que… Ah bon, le 1/4 d’heure est écoulé ? Euh… j’ai combien ? Dimanche 20 Mars 2005
musiciens .biz
Dans la même rubrique :
Nouveau commentaire :
Malin Plaisir | The Noobnours | Prigal | Jao Remsso | Solinch | Square | Les Sycomores | Michel Tanner | Towersound | monsieur Z | No |
Inscription à la newsletter
Dans le forum
clic ! risque auditif et musiques amplifiées
Flux RSS
|