Pierre cultive son jardin.






Non, c'est lui le vrai Zorro ?
Non, c'est lui le vrai Zorro ?

Les deux morceaux qui sont en ligne sont extraits d'un album qui s'intitule

C'est un album "manifeste" : la revendication d'un mélange des genres obsessionnel. A l'instar du grand Frank Zappa, je crois qu'il n'existe pas de hiérachie des genres musicaux, de la rengaine la plus triviale à la symphonie la plus savante. Ce qui compte, c'est la bonne musique au bon moment. Voilà pourquoi j'avais envie d'une mosaïque, d'un tissage climatique où l'on passe d'une ambiance à une autre, soit en douceur, soit du coq à l'âne. Dans "Art Po", cela va de la ballade funky à la musique africaine, du rock déjanté au pseudo-contemporain. L'unité, si elle existe, elle provient du fait que c'est moi qui passe tout ça à la moulinette.

Comment a été réalisé cet album ? Comment procèdes-tu, puisque tu joues de tous les instruments ?

A chaque morceau son aventure propre. Certains morceaux ont été réalisés en une après-midi, d'autres m'ont demandé des mois de boulot. J'adore me transformer en instrumentiste différent au fur et à mesure de la réalisation. Je travaille "à l'ancienne" avec un multipiste à bande. Quand je commence la réalisation d'un morceau, j'ai une idée précise de la chose mais "in fine" c'est toujours différent de ce que j'imaginais avec ma guitare ou mon piano au début. Composer de la musique : c'est une drôle de cuisine qui tient pour moi du bricolage et de l'alchimie.

Avant ce dique, que faisais-tu musicalement ?

J'ai eu la chance de grandir dans un milieu très ouvert où gravitaient des musiciens, ce qui explique que j'ai commencé très tôt à jouer "sérieusement". Beaucoup d'instruments me sont passés entre les mains mais c'est comme bassiste que j'ai acquis mes galons de musicos.
Même si je suis fier et heureux de mon passé je crois que de celui-ci, il faut faire table rase. En fait, je me considère comme un éternel débutant. Certes un musicien peut avoir du "métier" et c'est préférable pour lui ; mais jamais la technique ne prendront le pas sur...ce qui fait la "parole" ou le "phrasé" de tel ou tel musicien reconnaissable entre tous. Je ne sais pas si j'ai l'honneur de faire partie de ceux là. C'est pour moi un point de fuite, un horizon que l'on atteint qu'avec, en plus d'un talent inné, beaucoup de travail et de persévérance.

Et maintenant quelles sont tes envies et tes projets ?

Malgré mon âge, je suis un éternel adolescent qui croit que le meilleur est toujours à venir. J'ai envie de composer des morceaux et de les jouer sur scène. Au cours de l'année doit sortir un nouveau disque, produit en "autarcie" à la maison.

Quelles sont tes influences littéraires et musicales ?

Elles se répondent en écho, comme des correspondances baudelairiennes !
De Cervantes à Boris Vian. De Rabelais à Perec. De Queneau à Zappa. Dois-je interpréter les signes : parmi mes disques "Art Po" est classé entre Costello et Debussy !

Par rapport à tes débuts dans la musique, qu'est-ce qui a changé ?

Oh la la ! J'ai vu défiler tant de modes et courants depuis toutes ces années ! Bien sûr que j'ai changé ! A ma façon, j'ai participé aussi à certains changements.
Beaucoup de choses ont changé en surface, mais la bonne musique reste éternelle. La musique réalise le "défi spatio-temporel" auquel nous sommes assujetis en tant qu'êtres humains. En ce sens, elle est Magie. Ce qui ne l'est pas du tout, c'est la daube préfabriquée qui prend de la musique ce qu'elle a de plus "fonctionnel" en réchauffant des recettes plus ou moins éculées.
Si nous sommes à une époque de recyclage, nous sommes aussi entrés dans l'aire du tri sélectif, qui s'avère essentiel dans notre post-modernité saturée de tout.
Ce qui n'empêche que j'observe ce qui se passe avec beaucoup d'interêt et souvent d'amusement. Plus l'époque est à l'esbrouffe et l'éphémère plus le sens d'une véritable démarche artistique mérite l'attention.

Faire de la musique est une aventure qui conduit ma vie interieure depuis toujours et c'est pourquoi je suis un mec heureux. La reconnaissance ou la réussite ne sont pas des éléments quantifiables. J'essaie modestement de cultiver mon particulier pour approcher l'universel ! Je fais de la musique comme Candide fait du jardinage.





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Jeudi 27 Avril 2017 - 06:58 Solynch, version 2.0