Quota or not not quota ? ? That is the chanson ! !



Rédigé le Vendredi 6 Novembre 2015 à 12:42 | Lu 1654 fois | 0 commentaire(s)


Les radios invitent les auditeurs à téléphoner à Manuel Valls ... pour défendre leurs radios en scandant: «À la radio, j'écoute ce que je veux».


"A la radio j'écoute ce que je veux "

Depuis deux jours, je vois passer et repasser, sur le net, des informations concernant un amendement, voté par une quarantaine de députés, qui voudrait réguler la diffusion de titres francophones, sur les ondes. Il me semble à priori, que c’est une bonne chose.
Il y a quelques années en arrière, j’étais en contact avec de nombreuses radios, de la bande FM, essayant de placer des nouveautés auprès des programmateurs. Las, le combat était quasiment perdu d’avance, car leurs playlist étaient confectionnées autour d’une poignée de titres français, produits par une des quatre majors de l’époque et diffusés pour certains six à huit fois par jour ! ! Vous aurez bien compris qu’il était difficile, voire impossible, de se faire une petite place dans ce combat de géants.
N’oublions pas que les radios sont dites « commerciales ». Ce qui les intéresse avant tout, c’est de vendre de l’espace aux annonceurs. Comment convaincre un client de faire un gros chèque à la régie publicitaire ? Il faut l’assurer que la station a un audimat au Top et pour obtenir ce résultat, il faut diffuser ce qui se vend le mieux, sinon l’auditeur va écouter ailleurs Louane ou Kenji…
J’en entends certains pousser de grands cris et nous dire que ce n’est pas à la loi de nous imposer ce que l’on doit écouter ou pas. Ce sont, sans doute, les mêmes qui se réjouissaient, au siècle dernier, de l’imposition de quotas de chansons francophones sur les ondes, afin de sauvegarder cette exception culturelle que le monde entier nous envie. C’est à n’y rien comprendre…
Les grands groupes de médias se plaignent quant eux de la piètre qualité de la production française. Si j’osais, j’utiliserais l’expression « les oreilles m’en tombent ». Ce qu’il faudrait dire, c’est que la « chanson populaire » a été abandonnée au profit de la « nouvelle chanson française », plus racée, plus intello, peut-être et donc bien moins « playlistable », pour vendre du temps de cerveau disponible.
Je discutais, il y a peu, avec un chanteur bien installé dans le paysage musical. Il souhaite enregistrer un nouvel album, mais en même temps, il me dit « A quoi ça va servir, il n’y a personne qui diffuse nos nouveautés ». Alors effectivement, si toute la chaîne de production pense comme cela, pourquoi mettre des moyens colossaux sur un disque ? Ceci explique peut-être cela.
Les mêmes diffuseurs voudraient laisser entendre que les majors ont fait pression sur les politiques, afin de « détourner les auditeurs des radios et de les diriger vers le streaming ». On n’a pas eu besoin d’eux pour aller voir si chez Deezer ou Spotify l’herbe était plus verte. L’indigence des playlist des médias traditionnels, nous y a poussés.
Il faudrait aussi rappeler que les diffusions sur la bande FM rapportent beaucoup d’argent en droits. Il n’est pas rare, alors que c’est interdit par la loi, que les radios détiennent des parts d’édition sur les titres les plus joués et par là même touchent de l’argent sur les chansons qu’elles diffusent.
Aujourd’hui, toutes les stations sont présentes sur le net et proposent aux auditeurs des dizaines de webradios, toutes plus spécialisées les unes que les autres. Dans quelques années, la FM disparaîtra et nous écouterons tous la radio sur nos téléphones. Chacun écoutera « sa radio ».
Pour conclure, je dirais que la limitation de diffusion de certaines chansons est une bonne chose, si le temps d’antenne dégagé est mis à disposition de la création et de la nouveauté. Il y a bien un subterfuge, pour échapper à cette loi. Nous savons bien que rien ne vaut un bon titre « gold », pour satisfaire l’ensemble des auditeurs. Les programmateurs alors, ressortiront des placards un bon vieux Florent Pagny ou un Gainsbourg parfumé à l’anis et le tour sera joué. La jeune génération mourra donc, sans jamais avoir connu l’extase d’une diffusion en modulation de fréquence.
Olivier Vadrot

A ceci il faudrait ajouter que les RPl prennent le même chemin et que la SACEM a dépouillé les auteurs / compositeurs des droits générés sur les petites et moyennes stations , la concentration est parfaite ! pRigal



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