Ça s'appelle «
Je laisse parler ma rage » et ça débute par un excellent «
Senor Azzad » frondeur, genre carte d'identité ou mise au point, bien foutu avec un bon refrain qui se retient, fait en recyclant l'expérience vécue, afflux de testostérone. La mise au point continue sur «
intro », on sent que Senor Azzad en a gros sur la patate et rappe avec virulence. Efficace.
«
Ma thérapie » confirme que Senor Azzad se met à nu dans des textes très proches de lui et de son affect. Il a les crocs et ça s'entend.
«
Superficielle » est pour moi le sommet de l'album car il tourne un peu plus loin que le nombril de Sevan et est écrit de façon à ce que tout un chacun puisse s'y projeter. Un excellent flow, de bonnes trouvailles linguistiques (ceux qui n'ont pas de Gucci (prononcez goudchi) ont un goût d'chiotte), d'un excellent niveau.
«
Où que tu sois » reprend sur les vieux fantômes de Sevan qui refait dans la confession intime avec un excellent refrain chanté. Dans l'ensemble les titres de «
Je laisse parler ma rage » ont une belle musicalité loin de cette uniformité linéaire qui parfois plombe le mauvais rap.
«
Le grand amour » est encore un bon titre mais qui souffre d'une voix un peu forcée inutilement.
Un peu moins fan de «
Femmes, femmes, femmes », un peu facile et titre le plus faible du disque avec «
Tout foutre en l'air » qui souffre d'un instru trop répétitif et d'une voix forcée inutilement. «
Juste toi et moi » qui clot le disque pourrait être un tube efficace.
En résumé :
sept excellents titres sur neuf, dont deux tubes en puissance (« Senor Azzad » et « Toi et moi »), des textes bien tournés, des instrus très musicaux, variés et pleins de trouvailles, une voix chaude et prenante quand elle n'est pas inutilement forcée, des textes excellemment tournés. Reste plus qu'à faire oublier cette Star Académie qui risque d'être calamiteuse pour la carrière de quelqu'un qui a
la fougue et la morve de la jeunesse mais aussi un vrai talent artistique.
SenorAzzad.com
Senor Azzad chez myspace