Trust "13 à table"






Trust "13 à table"
Légère gène à l'écoute du premier titre de « 13 à table » de Trust. On se dit que le name dropping, fort à la mode chez un courant de chanteurs moins rock, a fini par se répandre aussi chez ceux qui sont là pour faire parler la poudre. Le texte de ce «  Toujours parmi nous » qui ne manque pas de groove et d'énergie est une énonciation de noms de « bonnes personnes ». Ouf, la qualité du morceau l'emporte sur le procédé simpliste du « y a les bons, y a les méchants ».

Avec « Epistémophilique », outre le plaisir d'entendre un excellent titre entre soul et rock, on apprend quelque chose. Il y serait question d'un désir incessant d'accumuler du savoir qui serait une forme détournée des pulsions sexuelles et qui aurait son origine dans une interrogation sur la nature de la sexualité. Les guitares sont magnifiques tout au long du disque, le chant chaud et convaincant. La sauce prend et elle a le bon goût d'un rock puissant et sexy.

« Promesse osée » s'ouvre sur une intro sauvage à souhait, avec un texte engagé qui a la bonne idée d'être plus dans l'évocation et la suggestion. « Tout à tuer » figure un rejet en bloc de la société « à recommencer », « Venez » quant à lui vient du blues et permet à Bernie de se transformer en preacherman.

Le « Psaume » qui suit est un texte déclamé théâtralement en empruntant parfois avec humour un accent vaguement québecquois. Et c'est reparti de plus belle avec « Vae Victis » qui rock'n roule parfaitement et offre un beau solo de guitare (harmonisé sur la fin) sur lequel on se dit que Trust n'a pas abusé du procédé, car même si les guitares sont brillantes, elles ne sont jamais envahissantes.

Le blues est de retour avec un pointe de gospel sur « surveille ton look », magnifique titre dont le texte a l'intérêt d'ouvrir les consciences et de donner à réfléchir sur les codes et l'appartenance à des groupes sociaux identifiables par leur look. On est loin de l'énumération malhabile du début.

« Black, Blanc, Beur » voir Bernie éructer comme au bon vieux temps de Trust, et on s'aperçoit alors que depuis le début de cet album, le ton est moins frondeur, le verbe moins haut et la voix plus chantée que par le passé. On le vérifie sur « la morsure » tandis que « Que serais-je sans moi ? » paraît anecdotique comparé à la qualité d'écriture des autres titres.  

Belle voix grave sur « Là où je vis » illuminé de guitares parfois mordantes parfois célestes et sur « Des mots » qui voit Bernie en crooner sur le premier couplet. « Après les hymnes » paraît un peu brouillon. « En apparance » clôt sur des guitares acoustique un disque qui, lorsque le temps aura fait son effet, sera peut être considéré comme un des meilleurs albums de Trust et sûrement comme l'album d'un groupe auquel la maturité va plutôt bien.


www.trust.tm.fr


















Nouveau commentaire :
Twitter

Poster un commentaire.

Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 6 Juillet 2017 - 18:29 Stéphane Mondino - Les rêves de Babylone

Vendredi 19 Mai 2017 - 17:37 Geyster - With all due respect