Pierre Darmon et les Jambons Electriques

Lyre et délire


Le Printemps des Poètes, pouet pouet…
Bien vu la prime saison pour fêter la Poésie. Cela reprend la vieille antienne de la « reverdie », que l’on trouve dans l’Amour courtois médiéval, propice à une fusion cosmique de la nature et des sentiments amoureux et dont le Romantisme a été gaillardement infusé. Cela a tout de même la faiblesse de conforter « l’image » de la poésie avec celle des « petites fleurs », ce qui n’est pas pour clarifier les choses, n’est-ce pas, car comme le dit en substance Valéry : « Les gens ont une idée tellement vague de la poésie, qu’ils prennent ce vague même pour elle. » Au-delà de ce « vague », tout un chacun peut en avoir une idée plus précise. Impression, Contemplation, sentiment, texte… « La Poésie c’est comme la Blédine, on aime ça avant de pouvoir en parler » écrit Jean L’Anselme, un poète qui nous est fort aimable. Les Arts poétiques donnent des éclairages qui ne peuvent être que singuliers, subjectifs. Chaque poète insiste sur un aspect, au moins. L’Utile, la Finalité de tout Art, l’Image, la Rime… Sans parler des bombes du genre : «La Poésie doit être faite par tous, non par un» de Lautréamont ! Rassurez-vous, « Un poème, c’est bien peu de choses, à peine plus qu’un cyclone aux Antilles, qu’un typhon dans la mer de Chine, un tremblement de terre à Formose » (Queneau). Non. Le printemps n’est pas plus poétique qu’une autre saison. Mais pas moins. Il l’est, à sa façon. Entendez-vous les mouches pouéter ?

Rédigé par Pierre Darmon le Jeudi 11 Mars 2010 à 18:56 | Commentaires (0)