Pierre Darmon et les Jambons Electriques

Rock, Art et Oignon
Raymond Queneau disait que toute œuvre d’art est comme un oignon dont on peut éplucher les pellicules successives. Au plus on est capable d’en enlever, plus celle-ci a de sens pour nous. L’œuvre d’art est pour le moins un moteur à double explosion. Elle est souvent immédiate, directe, claire et franche à première vue, écoute ou lecture. Puis elle agit comme une bombe à retardement. D’où notre dépit face à des productions qui, passée la première surprise ou soit disant nouveauté, nous lassent de leur vacuité. C’est le syndrome du « chichi de l’été » vite éventé quand la bise fut venue et qui laisse évidemment sur sa faim. Différence catégorielle avec les « vraies » œuvres d’art, celles avec lesquelles nous entretenons une conversation intime, pour de longues périodes disséminées ou notre vie entière.
Le Rock, la chanson, genres parfois dits « mineurs », d’apparence plus légers en tout cas, n’échappent pas à cette perception, ce fumet de l’oignon. Infini. Tout un chacun est libre d’y glaner ce qu’il veut, de se mêler de ses propres oignons. Y a-t-il une allusion à une cochonnerie buccale dans « Please Please me » des Beatles ? « Smoke on the Water » et son riff acnéique veut-il dire « fumer dans les waters » comme me le certifiait mordicus un ami collégien en 1972 ? « You really got me » est-il une prière masochiste (Youri ligote me) ? Pareillement, on m’a demandé si dans KING OF PETROLEUM « Ô Mamadou » était une invitation aux Africains qui regardent notre Europe gavée comme l’Eldorado de la survie ?
Moralité : l’Oignon fait la force. Le hacher finement, le faire revenir, opter pour une soupe ou se lancer dans une omelette. Bon Appétit avec Les Jambons Electriques.


Rédigé par Pierre Darmon le Dimanche 30 Août 2009 à 16:30 | Commentaires (1)